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Le Tuina, qu’est-ce que c’est ?

Historique du Tuina

Le Tuina est d’origine chinoise, c’est donc en parcourant l’histoire de la Chine que nous pouvons en suivre l’évolution.

Dynastie Xia / -2200 à – 1760 avJC

Des acupuncteurs travaillaient déjà sur le Qi de leurs patients à l’aide de sondes taillées dans la pierre ou dans de l’os.

Dynastie Shang / -1766 à -1122 avJC

Le bronze remplace la pierre.  Des fouilles archéologiques à Anyang, au nord de la province du Henan en Chine, révèlent un site nommé Yin Xu. Ce site a permis la découverte de 160.000 pièces façonnées à partir d’ossements d’animaux et de carapaces de tortues et recouvertes de caractères, qui ont été déterminés comme les premières traces écrites des caractères chinois. Ces écrits nous révèlent que différentes maladies étaient classées en fonction des organes qui les généraient sous la dynastie de Shang.

Dynastie Zhou / -1122 à -206 avJC

Le livre Li Ji (Jue Ling Meng Qiu) classifie 4 catégories de troubles et de désordres dont les traumatismes (coupures, entorses et fractures).

Le Nei Jing / Environ 600 avJC

Le Nei Jing, célèbre ouvrage médical, nous livre avec détails des méthodes de traitement des traumatismes externes ainsi que l’usage de plantes à fins médicinales. Le massage y figure comme une part importante des traitements.

Dynastie Song / 960 à 1206 apJC

Dans son livre Yi Sho (discussion à propos de la médecine), le docteur Zhang Ben présente de nouvelles techniques de massage utilisant les pieds pour accroître la circulation du sang et de l’énergie en cas de fractures osseuses.
Le docteur An-Shi présente l’utilisation du massage comme un outil d’assistance à l’accouchement.

Dynastie Yuan / 1206 à 1368 apJC

Le TUINA-AN MO fait désormais partie de la technique de correction des os.
Le livre « Yong Lei Qian Fang » (Les techniques d’immobilisation des os), du docteur Zhont-Nan, est un ouvrage de référence concernant le traitement des fractures.

Dynastie Ming / 1368 à 1644 apJC

Sous la dynastie Ming, le AN MO fait partie des spécialités de la médecine impériale, le massage Tuina est de plus en plus utilisé dans le traitement des maladies.
Apparaissent deux livres de référence concernant les maladies infantiles :
– Xiao Er An Mo Jing : Classique du massage des enfants
– Xiao Er Tuina Mi Jue : Les secrets du Tuina pour les petits enfants

Dynastie Qing / 1644 à 1911 apJC

Le Tuina se développe encore et de très nombreux ouvrages paraissent à ce sujet, présentant des méthodes précises et détaillées concernant le traitement des traumatismes corporels.
Le Tuina comme technique de soin destinée aux petits enfants se développe encore.

Maintenant

Depuis et jusqu’à nos jours, les techniques déjà développées se précisent et se développent.
Dans de nombreux pays, les gens ressentent l’intérêt de ce type d’accompagnement à la santé, se détachant des techniques de soin parfois plus agressives. Mais les législations modernes (et osons le terme, le lobbying des industries médicales et pharmaceutiques) empêchent le développement et le partage des savoirs (la dénomination « massage » reste encore à ce jour la propriété des kinésithérapeutes qui bien souvent n’entendent pas grand chose à cette discipline).

Mais peu à peu les mentalités évoluent, les fédérations de massage font leur travail, même s’il est à craindre qu’une nouvelle institution sclérosante se mette en place par ce biais…

La théorie du Tuina

… est celle de l’énergétique chinoise

En voici une présentation sommaire, gardons en tête que l’énergétique chinoise est complexe et nécessite des années d’études ET de pratique pour être maîtrisée.

Quelques affirmations :

  • La culture chinoise est construite sur le Confucianisme, le Bouddhisme et le Taoïsme.
  • La médecine chinoise repose essentiellement sur la philosophie du Taoïsme.
  • Le Tuina est une des 5 dimensions de la médecine chinoise (avec l’alimentation, la pharmacopée, les exercices physiques énergétiques tels le Qi Gong et l’acupuncture).
  • La médecine chinoise est construite selon la théorie du Tao, la théorie des 5 éléments et les relations entre ce qu’elle considère comme les trois trésors.

Le Tao

Le Tao est une philosophie développée à partir du Yin et du Yang, définissant l’harmonie universelle selon plusieurs concepts réunissant ces deux principes :

  • L’impermanence (tout se transforme)
  • L’interdépendance (l’un ne peut exister sans l’autre, comme le chaud par rapport au froid)
  • L’indissociabilité (ou l’unité dans la dualité)
  • La relativité (la chaleur d’une bougie est Yang par rapport à la neige, mais Yin par rapport à celle du soleil)
  • Le principe de réduction et de croissance (les transitions entre le Yin et le Yang sont progressives, comme le jour laisse progressivement place à la nuit et vice versa)

La théorie des 5 éléments

Je ne vais pas ici détailler cette théorie trop complexe pour être résumée en quelques mots. Cela fera l’objet d’un article spécifique.
En attendant, quelques concepts :

  • La théorie des 5 éléments suppose 5 éléments fondamentaux permettant de comprendre les processus de transformation en œuvre dans le monde. : le bois, le feu, la terre, le métal et l’eau. La médecine chinoise les a intégrés pour illustrer les lois physiologiques et les dynamiques pathologiques.
  • Chacun des 5 organes énergétiques (Foie, couple Rate/Estomac, Rein, Cœur et Poumon) est lié aux 5 éléments : le foie est bois, la rate est terre, le Rein est eau, le Cœur est feu et le Poumon est métal)
  • Cette théorie définit aussi un cycle d’engendrement, un cycle de contrôle, un cycle d’épuisement et un cycle de contre-domination.
  • Chacun de ces organes est lié à un viscère et à un facteur psychologique (en plus du facteur physiologique fonctionnel) : Foie/Vésicule biliaire/Colère ; Rate/Estomac/Soucis ; Rein/Vessie/Peur ; Cœur/Intestin grêle/Joie ; Poumon/Gros intestin/Tristesse.
  • Beaucoup d’autres éléments sont en lien avec les organes et ces éléments : saveurs, couleurs, saisons, conditions climatiques, sons, différents tissus et liquides organiques, etc…

Voici un schéma et un tableau représentant succinctement les interactions et les concordances entre les 5 éléments :

Les trois trésors

L’énergétique chinoise observe en l’homme ce qu’elle nomme les trois trésors :

Le Shen : l’esprit, la conscience organisatrice, s’exprime dans l’ensemble des fonctions de l’organisme, permettant à ce dernier de communiquer et de s’adapter en permanence à son environnement.
Le Jing : l’essence, représente les transformations subtiles et invisibles permettant à la racine invisible de nourrir les transformations de la plante, lui permettant ainsi de pousser et de se développer conformément à sa nature.
Le Qi : l’énergie, est représenté dans son pictogramme par un grain de riz symbolisant la nourriture et par l’air représentant la respiration.

Le Qi est l’énergie vitale, parcourant le corps mais aussi toutes les manifestations de la vie naturelle.

La médecine chinoise comprend 5 dimensions

  •  L’alimentation : comme nous l’avons vu plus haut, l’énergie est constituée par notre respiration et par notre alimentation. Nous devenons ce que nous mangeons. Ce qui signifie que si mal manger abîme notre corps, ses fonctions et nos émotions, bien manger peut guérir notre corps, améliorer son fonctionnement et renforcer la gestion de nos émotions.
  • La pharmacopée : il s’agit de l’usage des plantes à des fins médicinales. Boire des tisanes de thym durant l’hiver permet de réduire les risques d’infection, le tilleul favorise le sommeil, l’ortie renforce les reins, l’artichaud épure le foie… Utiliser les plantes c’est le faire en conscience, en fonction de la saison, de nos problématiques, de la région dans laquelle nous vivons, etc…
  • Les exercices physiques énergétiques : Qi Gong, arts martiaux, …
  • Les massages : principalement le Tuina.
  • L’acupuncture :

Toutes ces dimensions prennent en compte le fait que l’énergie circule dans notre corps en suivant des lignes de circulation appelées « Méridiens », reliés presque tous à chacun des organes et viscères de notre corps. Certains (les merveilleux vaisseaux par exemple) ne sont pas reliés à nos organes/viscères et correspondent à d’autres fonctions.

Nous pouvons maintenant comprendre qu’afin de rester en bonne santé ou de la retrouver, il faut agir de façon globale sur le corps, ce qui permettra de bénéficier d’un équilibre fonctionnel et émotionnel.
Selon les principes du taoïsme, cet équilibre « physico-émotionnel » est la base permettant de travailler sur l’esprit.

Et de s’ouvrir à un autre monde…

Le Tuina en quelques mots

Synthèse théorique

  • Le Tuina est un moyen de préserver l’énergie dans son intégralité aussi bien qualitative que quantitative, et ainsi de maintenir l’individu en bonne santé (santé et longévité)
  • L’objectif fondamental du TUINA est de préserver ou de rétablir la bonne circulation de l’énergie et du sang pour le bien-être de l’individu en prévenant les déséquilibres organiques, en soulageant les phénomènes douloureux, en levant les blocages et obstructions divers qui peuvent survenir dans le corps, influant par ce fait non seulement sur les affections bénignes, mais aussi sur les maladies de longue durée.
  • Le Tuina se pratique en traitant les trajets énergétiques que sont les méridiens d’acupuncture, les méridiens tendinos-musculaires, les points d’acupuncture, les organes eux-mêmes et les différentes zones réflexes du corps, le long des trajets veineux, lymphatiques, sur le système ostéo-articulaire, enfin sur toutes les composantes du corps.
  • L’application du Tuina se fait (pour un praticien expérimenté et donc un thérapeute) après une étude des déséquilibres énergétiques du corps, de l’état des cinq organes, des six entrailles, après étude de la couleur, de la chaleur, de l’humidité de la peau, de l’étude des yeux, de la langue, de tout ce qui en surface reflète l’équilibre ou le déséquilibre interne du corps. À la suite de l’étude de toutes ces observations, donc de l’établissement d’un bilan précis, on traite en débloquant l’énergie là où elle stagne, là où elle ne circule plus, là où elle est en excès, ou au contraire en la dirigeant vers les zones où elle manque.
  • Le Tuina comprend un nombre important de manœuvres différentes ayant chacune leur spécificité, les unes équilibrantes, les autres dispersantes, les autres encore tonifiantes. Certaines de ces manœuvres sont spécifiques à une zone particulière du corps, tenant compte de l’épaisseur des tissus situés ou non au-dessus des os ou des articulations. Les manœuvres ne seront pas les mêmes sur un genou ou un coude que sur une masse musculaire comme celle de la cuisse ou des fesses, l’énergie n’ayant pas la même qualité selon que le plan est dur ou plus ou moins mou.
Le corps est le reflet de la santé et c’est justement sur le corps que nous appliquons le Tuina, pour rendre la santé à celui-ci. Le corps est la cristallisation de l’énergie originelle. C’est donc de l’énergie fondamentale que vient la forme corporelle. La matière est née de l’énergie et respectant en cela les concepts du Yin et du Yang, l’un va avec l’autre.

Ce que permet le Tuina

  • l’amélioration de la circulation du sang et de l’énergie
  • l’élimination des blocages énergétiques
  • la détente des articulations, des muscles et des tissus mous
  • la remise en place et le déblocage des articulations
  • l’équilibre entre le corps et l’esprit par une détente générale, et ainsi l’action sur la sphère psychologique.
  • l’élasticité et la résistance tendineuses et ligamentaires
  • la régulation des aspects fonctionnels du corps (digestion, évacuations organiques, souplesse, sommeil)
  • le renforcement du système immunitaire
  • l’accompagnement de la libération et de l’évacuation des toxines (tabac, alcool, excès alimentaires, stress…)
  • l’accompagnement de la gestion des émotions (anxiété, peurs, colères, exubérance, mélancolie…)
  • l’apaisement du corps, la baisse de la pression émotionnelle, et donc la tranquillité de l’esprit et l’amélioration des capacités d’attention.

Les techniques du Tuina

On y trouve des palpés, des roulés, des frottés, des percussions, des enveloppements, de la digipuncture, des échauffements, des étirements, des rotations, des torsions, du pétrissage, de la manipulation, du « secouement », des pressions, des pincements et d’autres encore… Toutes ces techniques ne sont pas utilisées dans un massage, certaines ne le sont même que très rarement.

Le massage Amma, qu’est-ce que c’est ?

Historique du Amma

« Amma » vient de « An Mo », en chinois.
Les traductions sont difficiles à obtenir de façon fiable, mais ces deux mots semblent signifier Presser/Frotter.
Le terme An Mo est utilisé en Chine pour parler de « massage » au sens large.

Il semble que la théorie de l’énergétique chinoise ait circulé dans tous les pays de l’Asie du Sud-Est dès son origine (Voir historique du Tuina ci-dessus)
Concernant le Amma, il est dit un peu partout que les techniques de massage chinoises ont circulé en Corée avant d’arriver au Japon.
Je n’ai pas réussi à trouver d’éléments précis, des noms ou des dates concernant cette transition coréenne.

Mais la très grande influence de la Chine dans toute l’Asie et les relations très forte que la Corée et le Japon entretiennent depuis le VIIème siècle, laissent supposer que les savoirs culturels se sont évidemment transmis d’un peuple à un autre.

Ainsi au début de l’ère Asuka, au VIème siècle, on trouve des traces du Kampo (la médecine chinoise en japonais). Au début du VIIIème siècle, des textes citent la présence d’un massage japonais en citant des « experts Amma ».

Si le Amma semble présent au cours de ces siècles lointains, ce n’est que durant la période Edo (début du 17ème, faisant suite à la bataille de Sekigahara) que le Amma semble résolument prendre prise dans la culture thérapeutique japonaise. Dans « Shiatsu et médecine orientale », Shizuto Masunaga, célèbre maître de Shiatsu, affirme que durant cette période les étudiants en médecine devaient étudier les thérapies manuelles afin d’améliorer leurs diagnostics et d’administrer les médecines herboristes avec précision.

Masunaga explique qu’à la fin de la période Edo, au début du XIXème siècle,  le gouvernement Japonais décida et décréta, officiellement et dans une intention sociale, que les métiers de massothérapeute et d’acupuncteur étaient réservés aux personnes aveugles. Par la suite et toujours par décision gouvernementale, tous les Ammas, nom donné aux personnes pratiquant le Amma (le massage), furent licenciés.
Afin de contourner la règle, toujours selon Masunaga, certains massothérapeutes commencèrent à utiliser le terme de Shiatsu.

Par le biais de Torujiro Namikoshi et de son fils Toru, le shiatsu fit son entrée aux États-unis. Ce style inclue les techniques de Amma les moins complexes sans inclure le travail des méridiens.
En 1977 Takashi Nakamura fut appelé par les propriétaires d’un établissement de massage de San Francisco en Californie afin d’enseigner le Amma à leurs employés.
Un de ces élèves se nommait David Palmer et ce fut ce dernier qui créa une forme de Amma durant 15 mn, se pratiquant sur chaise, aisément praticable et abordable financièrement.

Il en fit la promotion aux entreprises nouvelles de la Silicon Valley dans les années 1980, et ce fut le début du succès que l’on connait pour le massage Amma.

Théorie du Amma

Le Amma est donc une technique de massage japonaise, à l’origine du Shiatsu.
Il comprend toutes les techniques du Tuina (voir plus haut) en y associant les techniques spécifiques d’acupression des pouces sur les méridiens énergétiques.
En France, le massage amma est devenu un massage assis sur une chaise.

Souvent destiné aux entreprises ou aux événementiels tels que les salons d’entreprises,  le massage amma assis est un outil efficace et peu onéreux permettant de proposer un temps de détente et de plaisir aux salariés d’entreprise.

Mais il est de plus en plus souvent rencontré en extérieur, lors de marchés communaux ou sur une plage ou lors d’une festivité rurale ou d’un festival ;  lors dune fête de particuliers désireux d’offrir à leurs invités un moment sortant de l’ordinaire…