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En quoi croyons-nous ?

Enfant et pré-adolescent, j’ai reçu de mes parents une éducation catholique qui a si peu réussi à me convaincre et à m’enseigner de quelle manière développer la partie divine sise en chaque être humain qu’elle a même réussi à m’en éloigner.
Rejetant en bloc toute notion de foi, considérant que cela était synonyme d’inculture et de traditionalisme nationaliste et analphabète, je suis devenu, en quelque sorte, un radical de l’anticléricalisme.

À vrai dire, quand on lit la définition de l’anticléricalisme, je ne suis pas certain de m’en être tant éloigné que ça, mais là n’est pas le sujet.

Le sujet, c’est la Foi.

La Foi en rapport avec mon vécu quotidien et la réalité sociale, économique et sanitaire du moment.

En effet, hier j’ai écrit un court article intitulé « Je refuse ».

Ok, je refuse, et je maintiens. Mais qu’est-ce qui me donne le droit de refuser à ce point, quitte à mériter les qualificatifs de certains me suspectant de refuser aussi de respecter mon prochain en ne me pliant pas aux commandements sanitaires ?

Hé bien, ceux qui me connaissent depuis longtemps vont probablement tomber des nues, mais ce qui légitime mon refus, c’est justement ma Foi.

Non pas la Foi en l’église ou en une religion quelconque, mais la Foi en ma pratique et en ce qu’elle contient d’invisible, d’immatériel et de transcendant.

Depuis quelques années je pratique les Arts Martiaux (je comprends maintenant pourquoi mon professeur écrit ces mots avec des majuscules). Et quand on pratique et que l’on s’intéresse aux Arts Martiaux, on comprend vite qu’ils consistent avant tout à renforcer le corps et l’âme, à se grandir soi-même, que ce sont de formidables outils de développement personnel.

Plus prosaïquement, ils permettent de mieux gérer les situations de stress. On pense tout de suite, quand on associe Arts Martiaux et situations de stress,  à agressions, conflits, self-défense… Et on a raison, parce que la maladie est bien la façon qu’a le système immunitaire de réagir à une agression, que la fièvre et autres symptômes sont bien le signe d’un conflit au sein du corps, qui tente de se « self-défendre » contre les microbes et autres virus qui l’assaillent.

Mais du coup, si je pratique les Arts Martiaux à ce niveau d’engagement (non pas que je sois « bon » ou avancé, mais j’y passe du temps, j’y consacre des intentions, de l’attention..), et qu’en même temps la peur m’envahit à l’idée de me confronter aux situations de stress ; au point que toute mon existence consiste à mettre en place une obéissance servile et irréfléchie aux injonctions de « ceux qui savent » ; oubliant de ce fait qu’en plus de renforcer mon corps et mon esprit les Arts Martiaux développent l’autonomie de pensée et donc la pensée critique ; si je me cache derrière mon masque en pensant mon corps incapable de gérer la maladie ; si j’ai même tellement peur de la mort que cette simple éventualité m’impose tout un comportement sociétal frileux, insensé, mortifère ; si, sous prétexte de protéger mon prochain soumis depuis tellement longtemps à une existence inerte et servile, le rendant fragile et victime facile tellement il est habitué à obéir et à subir, je me plie aux exigences d’un gouvernement qu’il a élu sans plus de réflexion, n’est-ce pas la meilleure preuve de mon manque de Foi en mes pratiques ?

Les Arts Martiaux rendent plus forts, physiquement, mentalement, spirituellement.
Ils n’empêchent pas la maladie, ils permettent de la vivre mieux, de moins en souffrir, de moins la subir.
Ils permettent de ne pas la vivre dans la peur et l’angoisse.
Ils favorisent la confiance, le courage, la lucidité, l’étude, les savoirs, l’esprit critique.

Aujourd’hui je ne renie ni mes pratiques ni ma Foi en elles, au contraire elles sont une ancre dans une période tumultueuse où il est facile de se perdre.

Je sais en quoi je crois.