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Arts martiaux : la pratique externe – Les retours

C’est à peine 48h après le retour du stage que j’écris cet article. Première sensation : ce fut trop court. 3 jours et deux nuits laissent à peine le temps de se poser et d’investir le programme de notre professeur. Mais si ce fut trop court, c’est bon signe : nous aurions apprécié d’y rester plus longtemps. Parce que le contenu était dense ; parce que le site était beau ; parce que l’hébergement et les repas étaient sympathiques, agréables et naturels ; parce que le groupe, formé des participants, de notre professeur et de nos hôtes, s’est révélé chaleureux et convivial.

Voici quelques précisions sur le stage, ses aspects techniques et pratiques.

Site du stage et hébergement

Le site

Le stage s’est déroulé à 1.500 M d’altitude, dans le vallon de la Minière, à l’orée du Parc du Mercantour, en bordure d’un torrent. Nos hôtes avaient placé quelques tentes équipées de matelas type Karrimat au sein d’un petit bois de mélèzes offrant de l’ombre aux pâturages environnants.
Confortablement installés, nous avons pu bénéficier de matinées, de soirées et de nuits fraîches, venant équilibrer les journées ensoleillées durant lesquelles le soleil ardent nous obligeait à rechercher les zones d’ombre pour pratiquer.

Nous avons été accueillis le premier soir par un bel orage, les éclairs illuminant les montagnes environnantes et la grêle faisant même une brève apparition. Nous avons appris deux jours plus tard qu’à quelques kilomètres de là et quelques centaines de mètres plus bas, la grêle était tombée violemment et avait abîmé voitures et serres agricoles dans la vallée de la Roya. Mais nous avons été épargnés.

Les repas

Nous avions décidé de commencer la pratique relativement tôt et afin de ne pas gêner notre travail, nous avons organisé notre journée afin de prendre un « lunch » aux alentours de 11h et un autre repas en soirée aux alentours de 19h.
Alain et Johanna, nos hôtes, nous ont concoctés de bons petits plats à base de produits et de productions de la vallée. Ils ont élaboré des menus végétariens et sans alcool nous permettant de nous régaler, par exemple, de galettes de pois chiches et de lentilles agrémentées de sauces diverses aux saveurs de la montagne puisqu’accompagnées de plantes cueillies aux alentours (Alain est ethnobotaniste et connaît par cœur les ressources de ses montagnes et les recettes permettant d’en profiter au mieux). Nous avons aussi pu goûter aux tourtons au fromage, au miel et aux plantes sauvages, au pain de Youmi, un boulanger de la vallée, aux tisanes de serpolet et d’achillée aux mille-feuilles, aux confitures de framboises ou de merises, bref à tout un tas de bonnes choses. À l’occasion de l’anniversaire de Benoît, nous avons même eu droit à un très joli (et très bon !) gâteau.

Au cœur du sujet : Wei Dan et Nei Dan dans la pratique martiale

Tout d’abord, un très grand merci à Brice Amiot, qui, comme à son habitude, nous a proposé un contenu parfaitement adapté à notre pratique  ; son programme nous a permis de découvrir un autre aspect du travail de l’artiste martial à intégrer à nos entraînements personnels, venant compléter un travail physique et mental et ouvrant la voie à qui souhaiterait progresser encore afin de cheminer spirituellement

La théorie

Le premier jour du stage, après avoir partagé un pique-nique sur le site, nous avons commencé l’après-midi par la théorie du programme.
Replaçant les Arts Martiaux Chinois traditionnels dans leurs fondamentaux confucianistes, bouddhistes et taoïstes, Brice nous a présenté un court historique relatant la légende de Bodhidharma et la façon dont les arts martiaux de la Jeune Forêt s’étaient vu enrichir de son enseignement concernant le renforcement des muscles et des tendons et le nettoyage de la moelle et du cerveau.
Il nous a été expliqué l’intérêt de travailler non pas séparément mais ensemble le corps ET sa dimension énergétique, en s’y consacrant quotidiennement et en y plaçant de la confiance (de la Foi) afin de voir ce travail porter ses fruits. Ainsi Wei Dan et Nei Dan, respectant la théorie du Yin et du Yang, vont ensemble et ne peuvent être dissociées.

Que ce soit dans le but d’une élévation spirituelle ou dans celui de la recherche de la force de façon générale, nous avons appris et je l’espère compris que l’un se plaçait dans l’autre et vice versa et que pour ce faire il nous fallait comprendre les lois de l’univers et chercher à les appliquer en soi. Car comme le dit une des maximes du Wing Chun : Comprenez la théorie de ce que vous faites.

Brice nous a donc présentés les objectifs des apprentissages de ce stage : créer de l’énergie dans le corps, apprendre à la faire circuler et à la stocker, l’employer à des fins martiales ; renforcer le corps et endurcir les zones utilisées dans les pratiques martiales ; présenter  les applications martiales du Siu Leem Tao en utilisant ces savoirs.

La pratique

Ce qui nous a paru extrêmement compliqué au début du stage nous a paru finalement assez clair à la fin : ce qui nous a été présenté n’est pas difficile à comprendre, ce qui est difficile c’est que pour pouvoir bénéficier des résultats de ces enseignements, nous allions devoir y consacrer au minimum une heure ou deux chaque jour, en tous cas le plus souvent possible.

Ainsi Brice a rajouté une dimension à notre pratique que nous allions devoir intégrer à nos entraînements. La méthode de notre professeur est claire : un élève débutant travaille tout d’abord sur les aspects physiques et techniques (renforcement du corps et travail des formes). Ensuite il aborde les aspects mécaniques (alignements, structure). Puis viennent le travail énergétique et mental qui conduisent inévitablement à l’élévation spirituelle, que le pratiquant est libre d’investir avec un corps et un esprit prêts à effectuer ce cheminement.

Nous avons donc (re)-découvert les respirations abdominale, abdominale inversée, embryonnaire, à la base de tous les exercices présentés par la suite. Nous avons ainsi appris à respirer selon le principe de la petite circulation, suivant le chemin de Qi Hai – Hui Yin – Chang Qiang – Ming Men – Ling Tai – Da Zhui – et Ba Hui.

S’en sont suivis ces exercices : nombreux et variés, destinés aux articulations, aux tendons et ligaments, à la nuque, aux épaules, aux bras, aux mains, au dos, aux jambes, aux genoux, aux chevilles, aux doigts et aux orteils, au bassin, aux zones de percussion du corps et bien sûr au mental, à l’intention et à ce qui lui donne une expression « physique » : le regard.
Renforcement, endurcissement, équilibre, souplesse, intention et attention, travail à deux lors des applications issues du Wing Chun, le contenu a été trop dense, trop riche pour être présenté ici exhaustivement.

Tous les participants du stage ont ainsi appris à utiliser de nouveaux outils. Maintenant, il nous reste à travailler dur, afin que nous puissions progresser sur la voie martiale en tant qu’artistes.

Remerciements

Évidemment, je l’ai déjà dit, merci à Brice, notre professeur, pour son investissement à nos côtés. Je tiens à préciser ici que contrairement à ce que certaines personnes peuvent croire, ce n’est pas simple la vie d’un professeur d’arts martiaux, et sauf exceptions ce n’est pas vraiment une voie d’enrichissement matériel. C’est important que nous ayons en tête que lorsque nous avons la chance de bénéficier d’un enseignement de qualité, il faut savoir permettre qu’il reste possible, s’en réjouir, l’exprimer et le transmettre.

De même, l’investissement d’Alain dans l’accueil qu’il nous a proposé est à souligner. Attachant de l’importance à la forme autant qu’au fond, il apporte aussi beaucoup au stage et à ses bienfaits. Car au-delà des repas, du transport du matériel dans la montagne et de la préparation du campement, il apporte aussi sa vision engagée et aux valeurs conformes à celles d’un artiste martial, en ce qui concerne la vie et ses principes philosophiques et spirituels.
Merci aussi à Johanna ‘Josepha » pour son travail aux côtés d’Alain.

Enfin, c’est vraiment chouette d’avoir pu partager ces quelques jours en compagnie des participants du stage. Car si nous pouvons parler de la générosité de Brice et d’Alain, nous pouvons aussi souligner que ces stages ne sont pas gratuits. Et que même s’ils ne sont pas chers au regard de ce qui existe en France actuellement, c’est tout de même un effort concret que d’y participer. Et cet effort permet à des gens comme Alain et Brice de vivre mieux, en partie grâce à nous.

Merci donc à Raphaël « l’élève méritant », Julie « Cuisse gauche », Boris ‘Chuck Boris ».
Mention spéciale à Maël et Lucien « les ados », respectivement âgés de 13 et 15 ans, qui ont participé avec engagement, concentration et sérieux à ce stage, ce qui n’est clairement pas à la portée de tout le monde et encore moins d’ados de leur âge.
Autre mention spéciale à Benoît « Benoîte », qui en plus de sa participation est l’auteur de toutes les photos présentées ici, ce qui explique que l’on ne le voit que sur cette photo (cliquez dessus pour l’agrandir) :

Quelques images